Revenus locatifs meublés : quel taux d’imposition ?

52 %. C’est le taux d’imposition maximal qui peut frapper les revenus locatifs meublés d’un foyer imposé dans la tranche la plus haute. On est loin de la douceur fiscale tant vantée, et c’est précisément ce qui incite à regarder de près les règles du jeu. Car derrière l’attrait d’un abattement ou d’un régime fiscal alléchant, se cachent des subtilités qui transforment vite la simplicité en casse-tête.

Le régime micro-BIC accorde un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers issus d’une location meublée classique, tandis que ce pourcentage grimpe à 71 % dès lors qu’il s’agit d’un meublé de tourisme classé. À l’inverse, le régime réel ouvre la porte à la déduction de toutes les charges engagées et à l’amortissement du bien, permettant un calcul affiné du revenu imposable.

La fiscalité attachée à la location meublée se distingue nettement de celle des locations vides, tant par les taux appliqués que par la méthode de calcul. Le type de bien, le montant total des loyers encaissés et l’éligibilité à tel ou tel dispositif fiscal influent fortement sur l’impôt final à régler. Les récentes réformes rappellent que la gestion de ce type de patrimoine ne s’improvise pas.

Location meublée en 2026 : ce qui change pour votre fiscalité

L’année 2026 marque un tournant pour la fiscalité des locations meublées. L’époque du micro-BIC généralisé pour les meublés de tourisme non classés touche à sa fin. L’abattement forfaitaire, historiquement fixé à 50 %, est revu à la baisse. Beaucoup de bailleurs risquent de voir leur impôt grimper en flèche.

Désormais, chaque activité de location meublée doit faire l’objet d’une déclaration auprès de l’administration fiscale, avec attribution automatique d’un numéro SIRET. Cette démarche ne s’adresse plus seulement aux investisseurs chevronnés : le particulier qui loue de temps à autre son bien doit lui aussi se plier à la règle. Les revenus issus des meublés de tourisme non classés seront surveillés de près, et l’accès aux régimes les plus favorables se restreint.

Pour vous repérer dans ce nouveau paysage, trois aspects méritent toute votre attention :

  • Amortissement possible des biens en régime réel, mais sous conditions durcies.
  • Micro-BIC avec abattement moins généreux pour les locations de tourisme non classées, ce qui rehausse mécaniquement la base imposable.
  • Obligation de déclaration d’activité et obtention du numéro SIRET dès le début de la location.

Chaque investisseur devra désormais surveiller de près la rentabilité nette de son opération : la fiscalité prendra une place encore plus pesante dans la balance. Le choix entre micro-BIC et régime réel ne sera plus un simple choix de simplicité administrative, mais un véritable levier à activer pour optimiser sa fiscalité et préserver le rendement de ses biens.

Quels sont les régimes d’imposition applicables aux revenus locatifs meublés ?

Les loyers perçus d’une location meublée relèvent de deux régimes principaux : micro-BIC ou régime réel. Chacun a ses règles de calcul, ses avantages et ses contraintes.

Le micro-BIC s’adresse aux propriétaires dont les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 77 700 euros. On bénéficie alors d’un abattement fixe (50 % dans la plupart des cas, et seulement 30 % pour les meublés de tourisme non classés à partir de 2026), appliqué d’office pour réduire la part imposable. L’attractivité réside dans la simplicité : la déclaration se fait via le formulaire 2042 C-Pro, sans possibilité de déduire les charges réelles. Toutefois, lorsque les frais réels dépassent l’abattement, le micro-BIC perd rapidement de son intérêt.

Le régime réel, quant à lui, s’applique dès que le seuil est franchi, ou sur option du bailleur. Ici, toutes les charges réelles, intérêts d’emprunt, assurance, travaux, frais de gestion ou taxes, sont déductibles, tout comme l’amortissement du bien et du mobilier. Ce dispositif peut drastiquement réduire, voire effacer le revenu imposable, creusant parfois un déficit à reporter. La déclaration implique alors les formulaires 2031 et 2033, pour une gestion un peu plus technique. Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) et professionnels (LMP) doivent également anticiper la cotisation foncière des entreprises (CFE), et dans certains cas, la TVA.

Pour les meublés de tourisme classés, l’abattement micro-BIC reste fixé à 71 %. Le bon choix dépend donc des recettes annuelles, du statut choisi (LMNP ou LMP) et du type de location. Pour optimiser ses revenus locatifs, il s’agit d’évaluer précisément l’ensemble des charges supportées et d’ajuster sa stratégie fiscale à la configuration de son patrimoine.

Location meublée ou location vide : une comparaison des taux d’imposition

Le traitement des loyers diffère selon que le logement est loué vide ou meublé. D’un côté, la location meublée obéit aux règles du BIC ; de l’autre, la location vide relève des revenus fonciers. Deux cadres, deux logiques, mais un objectif identique : alléger la facture fiscale.

La location vide permet d’opter pour le micro-foncier, avec un abattement forfaitaire de 30 %, jusqu’à 15 000 euros de recettes. Au-delà, le régime réel permet la déduction de toutes les charges, mais l’amortissement du bien reste exclu. En location meublée, le micro-BIC reste plus attrayant : abattement de 50 % pour les locations classiques, 71 % pour les meublés de tourisme classés. Le régime réel, ici, autorise la déduction de toutes les charges et l’amortissement du bien, un avantage considérable par rapport à la location vide.

Type de location Régime micro Régime réel
Location nue Abattement 30 % Déduction charges sans amortissement
Location meublée Abattement 50 % ou 71 % Déduction charges + amortissement

À ces abattements s’ajoutent les prélèvements sociaux, fixés à 17,2 %, sur tous les revenus fonciers ou BIC, ainsi que l’imposition au barème progressif. Mais l’atout majeur de la location meublée, c’est cet amortissement du bien sous le régime réel, totalement inaccessible avec une location vide. L’intérêt dépasse le seul taux d’abattement : la stratégie fiscale à long terme s’impose comme la véritable clé pour protéger la rentabilité de son investissement.

Femme regarde par la fenêtre avec un document fiscal

Exemples concrets et conseils pour optimiser la fiscalité de vos loyers meublés

Micro-BIC ou régime réel : deux scénarios, deux stratégies

Voyons ce que cela donne dans la pratique. Par exemple, un propriétaire en LMNP encaisse 12 000 euros de loyers par an. Avec le micro-BIC, l’administration fiscalise seulement 6 000 euros après abattement de 50 %. C’est simple et rapide, à condition que les charges restent modestes.

En revanche, s’il choisit le régime réel, et qu’il peut justifier 7 000 euros de charges (intérêts d’emprunt, assurance, travaux, frais de gestion), seul le reste, soit 5 000 euros, sera imposé. L’amortissement du bien complète l’équation : il ajoute une déduction qui peut, année après année, effacer totalement la base imposable.

Gardez en tête ces facteurs pour affiner votre réflexion :

  • Les loueurs en meublé professionnel (LMP) peuvent, lorsqu’ils choisissent le régime réel, imputer un éventuel déficit sur leurs autres revenus imposables. Ce n’est pas possible pour le LMNP.
  • Pour les locations de courte durée, comme celles sur plateforme, la nature du classement en meublé de tourisme détermine l’abattement : 71 % pour les classés, 50 % pour les autres.

Déclarer son activité au greffe à l’aide du formulaire P0i et obtenir un numéro SIRET sont désormais des passages obligés. Il faut aussi surveiller la cotisation foncière des entreprises (CFE), très variable selon les communes, et mesurer l’impact potentiel sur l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les patrimoines importants. Choisir le bon régime fiscal pour son activité de location meublée revient à arbitrer entre simplicité administrative, optimisation des déductions et cohérence globale du patrimoine.

Un bail signé, une déclaration bien calibrée, une stratégie claire : c’est la recette pour transformer une activité locative en véritable pilier patrimonial, même lorsque la législation se resserre.

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