Le prix moyen d’une assurance PNO se situe généralement entre 80 et 200 euros par an pour un appartement, et peut dépasser cette fourchette pour une maison individuelle. Ces montants, déjà en hausse régulière, subissent en 2026 une pression supplémentaire liée à des facteurs réglementaires et climatiques que nous détaillons ici.
Surprime catnat et hausse sectorielle : ce qui pèse sur le tarif PNO en 2026
Le poste le plus sous-estimé dans l’évolution du prix d’une assurance PNO reste la surprime catastrophes naturelles. Depuis le 1er janvier 2025, le taux applicable aux contrats couvrant les dommages aux biens est passé de 12 % à 20 %, en application de l’arrêté du 22 décembre 2023. Cette majoration s’applique de manière uniforme, quel que soit l’assureur.
Concrètement, sur une cotisation de base de 150 euros, la part catnat passe d’environ 18 euros à 30 euros. Ce surcoût est automatique et n’apparaît pas toujours de façon lisible sur l’avis d’échéance.
Selon les données de France Assureurs, les cotisations des contrats propriétaires non occupants ont progressé de 10 % en 2025, davantage que celles des contrats occupants. La sinistralité locative (dégâts des eaux, recours des locataires, vacance prolongée) explique en partie cet écart. Nous observons que les assureurs reclassifient leurs portefeuilles PNO avec des segmentations tarifaires plus fines qu’auparavant, ce qui rend les comparaisons d’une année sur l’autre plus complexes.

Fourchettes de prix d’une assurance PNO selon le type de logement
Les tarifs varient fortement selon la nature du bien, sa surface et sa localisation. Voici les ordres de grandeur que nous constatons sur le marché actuel.
Appartement en copropriété
Pour un appartement, le prix moyen d’une assurance PNO oscille entre 80 et 200 euros par an en formule de base (responsabilité civile, dégâts des eaux, incendie). Un studio ou un T2 en zone urbaine standard se situe dans le bas de cette fourchette. Un T4 ou T5, ou un bien situé dans une zone exposée aux inondations ou à la grêle, se rapproche du haut.
En copropriété, la souscription est obligatoire depuis la loi ALUR de 2014. Le minimum légal couvre la responsabilité civile du propriétaire, mais cette couverture plancher ne protège ni les murs privatifs ni le contenu en cas de sinistre.
Maison individuelle
Pour une maison, la prime annuelle démarre autour de 150 euros et peut atteindre plusieurs centaines d’euros selon la surface habitable, la présence d’un jardin, d’une piscine ou de dépendances. La maison individuelle n’est pas soumise à l’obligation ALUR (pas de copropriété), mais laisser un bien sans couverture expose le propriétaire à une responsabilité personnelle intégrale en cas de sinistre affectant un tiers ou un locataire.
Location meublée et LMNP
Les bailleurs en LMNP doivent anticiper une prime légèrement supérieure. L’assureur intègre la valeur du mobilier mis à disposition et le risque de dommages liés à une rotation plus fréquente des occupants. La prime PNO pour un meublé dépasse souvent celle d’un bien loué vide, à surface et localisation identiques. En contrepartie, la cotisation est déductible au régime réel, ce qui réduit le coût net pour le bailleur.
Critères de tarification qui créent les plus gros écarts de prix
La localisation du bien est devenue le critère le plus discriminant dans la tarification PNO. Deux appartements de même surface, avec les mêmes garanties, peuvent afficher un écart de prix significatif selon leur exposition aux risques climatiques locaux. Les assureurs intègrent désormais des données géolocalisées sur les inondations, les épisodes de grêle, les mouvements de terrain et les incendies.
- La zone géographique et l’exposition climatique du bien pèsent plus que jamais dans le calcul de la prime, avec des surprimes locales pour les communes classées en zones à risque.
- La surface habitable et le nombre de pièces restent des critères structurants : un bien plus grand coûte plus cher à assurer, par effet mécanique sur les plafonds de garantie.
- Le niveau de garanties choisi (formule de base ou formule étendue avec vol, bris de glace, assistance juridique, garantie loyers impayés) fait varier la prime du simple au triple.
- L’historique de sinistralité du bien ou du propriétaire peut entraîner une majoration, voire un refus d’assurance dans les cas les plus lourds.
Nous recommandons de vérifier si le bien se situe dans une zone couverte par un plan de prévention des risques naturels (PPRN). Cette information, disponible en mairie, conditionne directement le niveau de surprime appliqué par l’assureur.

Pièges courants lors de la souscription d’une assurance PNO
Sous-assurance sur les murs privatifs
Le piège le plus fréquent concerne la confusion entre la couverture de la copropriété et celle du propriétaire. L’assurance de l’immeuble couvre les parties communes. L’assurance du locataire couvre ses biens et sa responsabilité. La PNO couvre les murs privatifs, les embellissements et la responsabilité civile du bailleur, un périmètre que ni l’une ni l’autre ne prend en charge.
Un propriétaire qui souscrit uniquement la responsabilité civile minimale pour respecter l’obligation ALUR se retrouve sans indemnisation pour les dommages à ses propres murs en cas de dégât des eaux ou d’incendie. Ce scénario est bien plus courant qu’on ne le pense.
Vacance locative non déclarée
Certains contrats PNO excluent ou limitent les garanties pendant les périodes de vacance locative au-delà d’un certain délai (souvent 90 jours consécutifs). Un bien resté vacant plusieurs mois sans que l’assureur en soit informé peut voir son sinistre refusé. Il faut vérifier la clause de vacance dans les conditions particulières avant de signer.
Franchise élevée sur les dégâts des eaux
Les dégâts des eaux représentent le sinistre le plus fréquent en PNO. Plusieurs contrats affichent une franchise spécifique sur ce risque, parfois supérieure à la franchise générale. Comparer les franchises par type de sinistre, et pas seulement la prime annuelle, évite des déconvenues au moment de la déclaration.
Délais et modalités pour changer d’assurance PNO
Depuis la loi Hamon, tout contrat PNO peut être résilié à tout moment après la première année de souscription, sans frais ni pénalité. La résiliation prend effet un mois après la notification à l’assureur. En pratique, le nouvel assureur se charge souvent des démarches de résiliation auprès de l’ancien.
À l’échéance annuelle, l’assureur doit envoyer un avis d’échéance au moins 15 jours avant la date limite de résiliation. Si cet avis arrive en retard ou n’est pas envoyé, le propriétaire peut résilier à tout moment sans préavis. C’est un levier rarement utilisé, mais efficace pour renégocier.
- Résiliation infra-annuelle (loi Hamon) : possible après 12 mois, préavis d’un mois, le nouvel assureur gère la transition.
- Résiliation à l’échéance : lettre recommandée au moins deux mois avant la date anniversaire du contrat.
- Résiliation pour motif légitime (vente du bien, changement de situation) : effet immédiat ou sous un mois selon les contrats.
Nous observons que la majorité des propriétaires bailleurs conservent leur contrat PNO par inertie, alors qu’un changement d’assureur après comparaison permet régulièrement de réduire la prime de plusieurs dizaines d’euros, à garanties équivalentes.
Garantie loyers impayés et assurance PNO : deux contrats distincts
La GLI (garantie loyers impayés) ne fait pas partie de l’assurance PNO. Ce sont deux contrats séparés, avec des objets différents. La PNO couvre le bien physique et la responsabilité civile. La GLI couvre le risque d’impayé du locataire et les frais de contentieux associés.
Certains assureurs proposent des offres groupées PNO + GLI, avec un tarif packagé. Regrouper les deux contrats chez le même assureur simplifie la gestion mais n’est pas toujours compétitif sur le plan tarifaire. Comparer séparément reste pertinent, d’autant que la GLI représente en général un coût supérieur à la PNO elle-même (souvent calculée en pourcentage du loyer annuel).
Le coût global d’assurance d’un bien locatif (PNO + GLI) constitue un poste de charges déductible au régime réel, que le propriétaire soit en LMNP ou en location nue. Ce levier fiscal réduit le coût net réel de la couverture.

Face à la hausse des tarifs et à la complexité croissante des offres, obtenir plusieurs devis reste la méthode la plus fiable pour situer le juste prix de votre assurance PNO. Le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir une proposition personnalisée et d’être rappelé par un professionnel, sans engagement.

